Professeur Robert MICHIELS 1929-2010

 

Le Professeur Robert MICHIELS vient de nous quitter ce 2 janvier 2010. Né le 11 mars 1929, il fait ses études secondaires à l’école Saint Joseph de Dijon. Il entreprend des études de médecine à Dijon puis à Lyon. Successivement externe, interne Médaille d’Or des Hôpitaux de Dijon puis Biologiste des Hôpitaux, il consacre sa carrière à l’anatomie pathologique en l’enseignant à la faculté de Médecine de Dijon et par le diagnostic quotidien au Centre Hospitalier de Dijon comme chef de service.

 Elève du Professeur Ferdinand CABANNE, il est nommé Maître de Conférences agrégé en 1966 puis Professeur de la Chaire d’Anatomie Pathologique en 1975. Il assure la direction du laboratoire de pathologie du nouveau Centre de lutte contre le cancer de Dijon puis installe le laboratoire du CHU dans les locaux de la Faculté de Médecine de Dijon, dont il assure la direction jusqu’à son départ en retraite en septembre 1993. Pendant cette période, il participe à la gestion hospitalo-universitaire en siégeant aux diverses commissions consultatives et administratives du CHU.

 Excellent clinicien et pathologiste de renom, il forme toute une équipe de jeunes pathologistes qui ont assuré la responsabilité de laboratoires d’anatomie pathologique dans les secteurs hospitaliers publics et privés en Bourgogne et en France.

 Avec la coopération de l’Institut Universitaire Technique, il crée l’Ecole de cytopathologie et son diplôme. Ici encore de nombreux cytotechniciens essaimeront dans divers laboratoires de France métropolitaine et d’Outre Mer.

 Durant de longues années, avec ses collaborateurs, il enseigne avec passion sa discipline à de nombreux étudiants des différentes années de médecine.

Avec les membres de l’association nationale ADICAP, il participe, avec son ami le Docteur Pierre DUSSERRE, à l’informatisation des laboratoires de pathologie et constitue un important thésaurus de codification des différentes pathologies.

 Pendant sa retraite, à titre de consultant, il fait bénéficier de son expérience à d’autres pathologistes de ses amis tout en consacrant son temps et ses loisirs à sa nombreuse petite famille.

Ses élèves et amis, présentent à madame Yolande MICHIELS et à ses enfants leurs sincères condoléances et les assurent de leurs fidèles amitiés.

Pr. Eve JUSTRABO

Dr. Henri BASTIEN

(Publication " Le BienPublic")

Professeur Robert MICHIELS 1929-2010

 

Le Professeur Robert MICHIELS nous a quitté le 2 janvier 2010. Il est né le 11 mars 1929. Après des études secondaires à l’école Saint Joseph de Dijon, il entreprend ses études de médecine à Dijon puis à Lyon.

 

Sa vie médicale, dans sa première décennie, « a été exclusivement consacrée au malade. Elle n’a pris son plein essor qu’avec l’Internat entre 1955 et 1961, effectué dans les services de médecine, de chirurgie générale et de spécialités ». L’enseignement qu’il a reçu de ses maîtres lui a démontré la nécessité absolue d’une synthèse anatomo-clinique rigoureuse. Dans cet esprit, il donne des cours de séméiologie médicale aux étudiants de première année de médecine. Il constate que seule l’anatomie pathologique, tant macroscopique que microscopique, constitue dans la majorité des cas, les bases les plus sures pour comprendre les maladies et leurs symptômes.

 

Le conflit algérien lui impose d’interrompre durant de long mois son cursus médical ; il lui laissera des souvenirs pénibles qu’il échangeait avec un autre pathologiste, ancien militaire, le Docteur Michel BORDES.

 

Malgré son penchant pour l’anatomie pathologique, il n’est pas encore pleinement convaincu qu’il puisse exister une médecine attrayante sans contact avec le malade. Pour résoudre ce dilemme, il devient en 1959, préparateur du Professeur Ferdinand CABANNE, en compagnie de son ami Pierre DUSSERRE. D’emblée, la personnalité du Professeur CABANNE, son savoir, son bon sens clinique, sa conception méthodique du travail et son dévouement à son égard, emportent sa conviction et orientent définitivement son choix en faveur de l’anatomie pathologique.

 

Les six années qui suivirent, furent celles d’une formation intense tant dans la pratique de l’anatomie pathologique que dans l’élaboration de ses cours et de ses travaux sous la direction de son maître. Médaille d’Or de l’Internat du CHR de Dijon en 1961, il soutient sa thèse de médecine à Lyon en 1962. Il propose une « Contribution à l’étude des lésions ostéolytiques à cellules géantes – A propos de 13 cas ».

 

En 1961, il effectue un stage de trois mois à l’Institut d’anatomie pathologique de Strasbourg sous la direction du Professeur FRUHLING et acquiert une technique rigoureuse de nécropsie qu’il transmettra à partir de 1963 à ses premiers élèves Henri BASTIEN et Eve JUSTRABO.

 

Assistant en Anatomie Pathologique de 1962 à 1964, puis chef de travaux en 1964, il donne ses premiers cours d’anatomie pathologique en 3ème année de médecine et participe avec Pierre DUSSERRE aux séances de travaux pratiques.

 

Dans le cadre de sa préparation à l’agrégation, il participe à de nombreux colloques et enseignements à la Faculté de médecine de Lyon avec les Professeurs GUICHARD, TOMMASI, FEROLDI, ROCHET, LOIRE, VAUZELLE et LESBROSSES.

 

L’année 1966, année de son agrégation, le fait entrer de plein pied dans ses activités d’enseignement et de biologiste des Hôpitaux. Il va l’enrichir par un séjour dans les laboratoires d’anatomie pathologique de l’Université Laval de Québec avec les Professeurs BONENFANT et GARNEAU.

 

Le Professeur CABANNE accaparé par de multiples occupations, le décanat et la direction du Centre Georges François Leclerc nouvellement créé, lui confie la direction du laboratoire d’anatomie pathologique du CHU de Dijon et la responsabilité de l’enseignement aux étudiants de troisième année et aux modules de spécialité du second cycle. En 1968, l’Ecole de médecine étant devenue Faculté, l’enseignement du Certificat d’Etudes Spéciales en Anatomie pathologique est tout naturellement confié à Robert MICHIELS. Ce fut pour lui une source de grande satisfaction et la qualité de son enseignement a été reconnue par les 44 pathologistes formés entre 1969 et 1993. Ces derniers ont essaimé en Bourgogne et dans toute la France, dans les CHU, les CHR, le Centre de Lutte contre le cancer et dans les laboratoires privés.

 

 Avec la coopération de l’Institut Universitaire Technique, il crée avec Claude MOTTOT, un enseignement de cytotechnicien validé par un Diplôme Universitaire de cytopathologie et une association de cytotechniciens qui vont essaimer dans divers laboratoires de France métropolitaine et d’Outre Mer.

 

Titulaire en 1975 de la chaire d’anatomie pathologique, il va entretenir, jusqu’à sa retraite en Septembre 1993, des confrontations anatomo-cliniques fructueuses avec tous les chefs de service du CHU de Dijon. Ces différentes collaborations ont servi de thèmes aux 100 communications, 145 publications scientifiques et une centaine de thèses et mémoires plus particulièrement en hépato-gastro-entérologie, gynécologie, hématologie et dermatologie. Il sera un des collaborateurs importants des deux éditions du Livre d’Anatomie Pathologique conduites par les Professeurs CABANNE et BONENFANT.

 

Robert MICHIELS était membre de la Société Anatomique de Paris, de la Société européenne de Pathologie et de la Société de Biologie de Dijon. Il faisait partie de la Commission Consultative et administrative du CHU.

 

Compte tenu de l’évolution de l’anatomie pathologique, Robert MICHIELS a eu le souci d’intégrer ces nouvelles techniques dans son enseignement et son activité et de former des pathologistes spécialisés en néphrologie, gastro-entérologie, hématologie, cancérologie…Il aura également pris soin de former une équipe de pathologistes destinés à prendre en charge les services hospitalo-universitaire (Eve JUSTRABO), du Centre Georges François Leclerc (Henri BASTIEN) et les laboratoires des différents secteurs privés.

 

C’est vers ces années 1975, que l’informatique fait son introduction dans les laboratoires d’anatomie pathologique privés et publics de Bourgogne et d’autres départements (Dijon, Nevers, Saint Etienne, Limoges, Besançon). Elle permet déjà un regroupement des diagnostics pour des études ponctuelles grâce à une codification simplifiée des lésions instituée par le professeur Ferdinand CABANNE et déjà utilisée depuis plusieurs années dans ces laboratoires. Robert MICHIELS comprend alors l’intérêt de mettre en œuvre au niveau de la profession une codification plus précise nécessaire pour l’archivage des diagnostics.

 

C’est ainsi qu’on pu être créés et alimentés les 3 registres de cancer de pathologie digestive, hématologique et gynécologique qui font actuellement la renommée épidémiologique de la Côte d’Or.

 

C’est avec le professeur Etienne MARTIN qu’il va développer, sur le plan national et sous l’égide d’une association ADICAP (Association pour le Développement de l’Informatique en Cytologie et en Anatomie Pathologique), un concept de classification anatomopathologique avec la collaboration de pathologistes de tous horizons chargés de définir un thésaurus des lésions. Cette classification spécifique à la profession et plus précise que la classification internationale SNOMED est aujourd’hui utilisée par l’ensemble des pathologistes français. C’est grâce à ce nouveau langage commun que des regroupements de diagnostics peuvent être extraits des laboratoires pour alimenter régulièrement les différents registres épidémiologiques français, dont les études précises et exhaustives ne pourraient être entreprises sans l’apport de l’anatomie pathologique.

 

Partant à la retraite, Robert MICHIELS confiera sa charge d’enseignement et de chef de service à Eve JUSTRABO, assistée de Françoise PIARD.

 

Robert MICHIELS restera toujours un passionné du diagnostic histopathologique. Il aime rechercher au microscope, sur les lames qui lui sont confiées, les éléments qui orienteront un diagnostic et que d’autres n’auront peut être pas repérés. Il relit sans arrêt les ouvrages et les publications nouvelles qui lui permettent d’étayer son diagnostic. Grâce à la double lecture sur un microscope multi têtes, il fait partager cette passion diagnostique avec les pathologistes qui le consultent. C’est ainsi, que jusqu’à l’annonce de son diagnostic, il apportera un soutien précieux et quotidien aux pathologistes du secteur privé de Dijon et à tous ces anciens élèves sollicitant ses compétences.

 

Robert MICHIELS était bien conscient de sa maladie et de son issue irrémédiable. Il savait que l’échéance approchait mais l’attendait avec courage. Malgré les souffrances engendrées par la maladie et son traitement, il continua à assumer son rôle d’enseignant et de pathologiste consciencieux. C’est pourquoi nous sommes fiers d’avoir été ses élèves et d’avoir pu travailler avec lui.

 

L’ensemble des pathologistes et les personnels de son équipe adresse à son épouse et à ses enfants, le témoignage de leur reconnaissance pour tout ce qu’ils ont reçu de Robert MICHIELS.

 Professeur Eve JUSTRABO

Docteur Henri BASTIEN

Docteur Tony PETRELLA

Professeur Etienne MARTIN

Statistiques                                Sites Web utiles

Date mise à jour : 11/09/2011